Le risque de décéder varie considérablement selon l’âge
Depuis le 19e siècle, la mortalité a reculé à tous les âges, transformant profondément la répartition des décès selon l’âge: ceux-ci surviennent de plus en plus tard dans la vie. Les chiffres dans la table a coté et le graphique en dessous, illustrent cette évolution de manière frappante.
Au fil du temps, les décès se sont davantage concentrés aux élevés, épargnant progressivement les enfants, les adolescents et les adultes en âge actif.
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Evolution de la courbe de survie par âge de la population de la Belgique
Source: Human Mortality Database
Tous les âges n’ont pas contribué avec la même intensité et au même moment à l’augmentation de l’espérance de vie.
Il est possible d’évaluer cette contribution au cours d’une période donnée.
Entre 1840 et 1860
Les gains d’espérance de vie sont faibles, moins de 2 années, grâce à une faible diminution de la mortalité des enfants de 1 à 15 ans et des jeunes adultes de 15 à 30 ans. A l’inverse, la mortalité infantile augmente durant cette période.
Entre 1860 et 1900
La population de la Belgique gagne 6,7 ans d’espérance de vie. Durant cette période, la mortalité à moins d’un an continue de se dégrader, alors que la réduction de la mortalité entre 1 et 15 ans a permis de gagner près de 5 ans d’espérance de vie, soit plus de 70% des gains totaux.
Durant les périodes 1900-1930 et 1930-1960
L’espérance de vie progresse à chaque fois d’une dizaine d’années. C’est durant ces années que les gains d’espérance de vie ont été les plus importants grâce à une diminution sensible de la mortalité infantile. Durant ces deux périodes, le recul des décès à moins d’un an permet de gagner près de 5 années d’espérance de vie, alors que la baisse de la mortalité entre 1 et 14 ans contribue à une amélioration d’environ 2,5 années d’espérance de vie.
En termes relatifs, 65 % des gains d’espérance de vie entre 1900 et 1964 sont liés à la baisse de la mortalité des jeunes de moins de 15 ans. Depuis, leur contribution à l’augmentation de la durée de vie a diminué, la mortalité à ces jeunes âges ayant atteint des niveaux très bas, difficilement améliorables.
Jusqu’en 1960
La contribution des personnes de 60 ans et plus à l’amélioration de l’espérance de vie était faible, de l’ordre de 10% au maximum. Par la suite, leur rôle sera de plus en plus déterminant, de 46% entre 1960 et 1990 à près de 60% entre 1990 et 2024. Durant cette dernière période, la baisse de la mortalité entre 60 et 75 ans a permis de gagner 1,5 an d’espérance de vie, alors que le recul de la mortalité après 75 ans permet d’engranger 1,6 année d’espérance de vie supplémentaire.
La contribution des groupes d’âges à l’évolution de l’espérance de vie à la naissance
Source: Human Mortality Database
La baisse de la mortalité s’enclenche à des moments différents selon les groupes d’âges.
La mortalité infantile
Les crises agricoles et alimentaires de 1845-1856 et la grande dépression des années 1873-1892, auxquelles se mêlent les poussées épidémiques du choléra, du typhus et de la variole, altèrent aussi les conditions de survie des très jeunes enfants.
La mortalité des enfants de plus d’un an, des adolescents et des jeunes adultes diminue au cours du 19e siècle : vers 1880 pour les enfants de 1 à 5 ans et vers 1850 pour les groupes d’âges de 5 à 25 ans. L’amélioration de l’espérance de vie au 19e siècle est attribuée en quasi-totalité à ces groupes d’âges, grâce notamment
- à l’amélioration progressive de l’hygiène privée et publique,
- à l’amélioration de l’alimentation et plus globalement du niveau de vie en dehors des périodes de crises.
- à un ensemble de mesures sociales prises vers la fin du 19e siècle, telles que la réduction du travail des enfants et le développement de l’instruction primaire obligatoire.
- à La baisse de la fécondité, qui se diffuse à partir des années 1870, car les petites familles ont davantage de ressources économiques et affectives pour s’occuper de leurs enfants.
La mortalité infantile ne commence à baisser que vers 1900. Les facteurs qui viennent d’être cités y contribue. Mais s’y ajoute aussi et surtout:
La mortalité infantile ne commence à baisser que vers 1900. Les facteurs qui viennent d’être cités y contribue. Mais s’y ajoute aussi et surtout
- la mise en place de politiques de protection de l’enfance,
- l’essor de la puériculture,
- la promotion de l’allaitement maternel,
- un meilleur suivi des grossesses
- les progrès de la médecine (découverte des antibiotiques et généralisation de la vaccination) dans la lutte contre les maladies infectieuses.
Au 19e siècle, en moyenne, 1 nouveau-né sur 5 ou 6 n’atteint pas son premier anniversaire. La mortalité infantile ne commence réellement à diminuer qu’au début du 20e siècle.
- aux premières campagnes de vaccination contre la variole,
- aux modifications dans le mode d’alimentation des nourrissons
- à l’amélioration de l’apprentissage des techniques d’accouchement.
- la détérioration des conditions de vie, d’hygiène et de logement ;
- le développement du travail des femmes en dehors du domicile, notamment dans l’industrie textile ;
- la réduction de la durée de l’allaitement maternel, voire son remplacement par le biberon.
Qu’en est-il de la mortalité aux âges adultes ?
Durant la seconde moitié du 19e siècle, le risque de mourir chute drastiquement chez les jeunes adultes de 15 à 40 ans – diminuant de près de moitié entre 1850 et 1900. Ces progrès remarquables résultent de plusieurs facteurs conjugués :
- progrès de l’hygiène privée
- progrès de la santé publique,
- l’amélioration de l’alimentation
- l’amélioration du niveau de vie
- les mesures sociales réglementant le travail (durée, protection…).
Entre 40 et 60 ans, la mortalité évolue peu au 19e siècle et amorce une baisse vers 1900. Entre 60 et 80 ans, la diminution des quotients de mortalité s’amorce vers 1930 et s’intensifie après 1960. Enfin, au-delà de 80 ans, les quotients stagnent jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, puis diminuent rapidement grâce notamment :
- au développement des méthodes de dépistage et de traitement des maladies cardio-vasculaires et des cancers,
- à la réduction du tabagisme
- à l’amélioration des comportements de prévention des maladies
L’évolution des quotients de mortalité par groupe d’âge en Belgique, de 1840 à 2024
Source: Human Mortality Database
Source: Human Mortality Database
Source: Human Mortality Database
The Ineqkill Atlas of Mortality Inequalities in Belgium provides detailed information about mortality and diseases in Belgium from 1820 to 2025.
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