Sources et bases de données

Les cartes et graphiques de cet atlas ont été réalisés à partir de diverses sources historiques contenant des données originales sur la mortalité en Belgique. Les sources et bases de données suivantes ont été particulièrement utiles à cet égard. 

Registres des causes de décès

À partir de 1851, chaque commune belge fut tenue de tenir un registre où était consignée la cause présumée du décès pour chaque personne décédée. Ce système fut instauré suite aux épidémies de choléra des années 1840 et permit, pour la première fois, d’obtenir un tableau précis de l’état de santé de la population. Dans les villes, la cause du décès était généralement déterminée par un médecin, mais dans de nombreux villages, cette tâche incombait aux membres de la famille ou aux voisins, ce qui entraînait l’ajout dans les registres de descriptions très diverses, souvent vagues ou imprécises. En l’absence initiale d’une liste uniforme des maladies, de nombreux termes étaient difficiles à comparer. Avec l’introduction d’une nomenclature belge officielle en 1867 et l’adoption ultérieure de la Classification internationale des maladies (CIM) au début du XXe siècle, la qualité de l’enregistrement s’améliora considérablement. À partir des années 1930, la Belgique a progressivement adopté des formulaires confidentiels et anonymes pour les déclarations de décès : d’abord en Flandre-Orientale (1930), puis dans toutes les provinces en 1954. Cette transition a marqué la fin des registres traditionnels. 

Pour des raisons de confidentialité, la plupart des registres historiques de décès ont été détruits au fil du temps. Cependant, quelques communes ont conservé des fragments de leurs séries. La plus longue série ininterrompue se trouve à Anvers (1820-1946). Les données anversoises sont accessibles via la base de données S.O.S. Anvers. Dans d’autres communes également, comme Châtelet (1867-1920) et Zele (1852-1920), les données des registres subsistants ont été compilées dans des bases de données scientifiques. 

Les Mouvements de la population et de l’état civil constituent une série de statistiques annuelles fournissant des informations détaillées sur les tendances démographiques en Belgique. Complémentaires aux recensements, ils forment le second pilier des statistiques historiques de la population. Les registres couvrent la période de 1841 à 1976. Ils contiennent des statistiques de base sur les naissances, les décès, les mariages, les divorces, les migrations et, à partir de 1852, les causes de décès. Ces données étaient compilées par les autorités locales sur des formulaires pré-imprimés et transmises à l’État via les arrondissements et les provinces. 

Les images numérisées et les inventaires des registres sont consultables sur le site internet des Archives nationales de Belgique. 

Une sélection de données issues de cette source est également disponible dans la base de données HISSTER du Centre Quetelet (Université de Gand). 

DEMOBEL est une base de données individuelles anonymisées mise à la disposition des chercheurs autorisés par STATBEL (l’office belge de statistique). Cette base de données repose principalement sur le couplage des données du Registre national de la population et des données des recensements depuis 1991. Cette base de données reprend notamment la date de naissance, le genre, la commune de résidence, le secteur statistique de résidence, les liens de filiations, les caractéristiques socio-économiques reprises dans les recensements. 

À des fins administratives, le gouvernement central belge va imposer à partir de 1846, la tenue de registre de population dans chaque commune. Toute personne résidant officiellement dans la commune devait être inscrite au registre de population communal.

Le premier registre est construit à partir des données du recensement de 1846. Il s’agit d’un système d’enregistrement continu où chaque personne entrant officiellement dans la commune pour y résider est tenue de se faire inscrire. Les registres de population contiennent ainsi pour chaque adresse les noms, prénoms, état-civil, date de naissance et de mariage éventuel, date d’entrée dans la commune et date de sortie éventuelle. A chaque nouveau recensement, les registres feront l’objet d’une remise en ordre spécifique.   

En 1983, la loi du 8 août instaure le registre national centralisé. Profitant des développements de l’informatique, un registre centralisé (le registre national) est progressivement mis en place. Il remplace le registre de population. En 1988, toutes les communes belges adhèrent au registre national dont les données sont disponibles pour la recherche à partir de 1991.

Les données intégrées dans DEMOBEL reprennent une photo de la population au 1er janvier de chaque année avec des éléments comme la date de naissance, le genre, la commune de résidence… ainsi que des indications sur les naissances, les décès, les migrations internes ou internationales, les changements de nationalité ou d’état-civil qui surviennent au cours d’une année considérée. 

À des fins politiques, le gouvernement central belge a organisé des recensements généraux de la population à intervalles réguliers dès le début du XIXe siècle. Pour chaque habitant du pays, un ensemble d’informations de base était recueilli et enregistré, notamment l’âge, l’état civil, le lieu de naissance, la profession et le niveau d’instruction. 

Entre 1800 et 2001, dix-neuf recensements généraux par questionnaire ont été menés sur le territoire belge : en 1801, 1816, 1830, 1846, 1856, 1866, 1876, 1880, 1890, 1900, 1910, 1920, 1930, 1947, 1961, 1970, 1981, 1991 et 2001. Le recensement de 2001, dit Enquête socio-économique, fut le dernier du genre. 

Depuis 2011, les recensements de population s’appuient exclusivement sur des bases de données administratives, sans nouvelles enquêtes directes auprès de l’ensemble des résidents. 

Les résultats des recensements de 1801 à 1970 disponibles au niveau communal ont été en grande partie compilés dans la base de données LOKSTAT du Centre Quetelet (Université de Gand). Certaines données des recensements récents (2011 et2021) sont disponibles, au niveau communal, sur le site de STATBEL. 

S.O.S. Anvers est une base de données contenant des informations sur toutes les personnes décédées dans la ville d’Anvers entre 1820 et 1946. Elle comprend des données de base sur plus de 480 000 personnes, avec des informations détaillées sur chaque décès (cause, date, lieu, établissement, médecin traitant, entrepreneur de pompes funèbres) et sur chaque personne décédée (âge, situation matrimoniale, profession, lieu de naissance, domicile). 

La base de données est le fruit du projet de science participative S.O.S. Anvers : Inégalités sociales face à la mortalité, 1820-1946, mené en collaboration par l’Université de Gand, l’Université d’Anvers, les Archives Felix et l’association Histories vzw. Dans le cadre de ce projet (2020-2025), 761 bénévoles ont transcrit tous les registres de décès de la ville sous la supervision de chercheurs du Centre Quetelet (Université de Gand). 

Les données sont consultables sur le site web des Archives Felix d’Anvers. 

La base de données grippe espagnole est une base de données contenant des informations toutes les personnes décédées en 1912, 1913, 1918 et 1919 pour un échantillon de 35 communes belges et un total de plus de 73 000 personnes. Elle comprend des informations sur chaque décès (date) et sur chaque personne décédée (âge, situation matrimoniale, profession (ou profession du père, du conjoint…), domicile). Cette base de données a été construite à partir des registres d’état-civil (décès). 

La base de données grippe espagnole a été constituée pour étudier l’épidémie de grippe espagnole dans le cadre du projet EPIBEL financé par BELSPO. Elle est le fruit d’une collaboration entre le Centre Quetelet (Université de Gand) et le Centre de recherches en Démographie (Université Catholique de Louvain). 

Les données sont consultables auprès du Centre Quetelet et du Centre de recherches en Démographie. 

Suite aux épidémies de choléra de 1840, chaque commune belge se voit imposer de tenir des listes nominatives des personnes atteintes du choléra quelle que soit l’issue de la maladie. Ces documents étaient transmis par les communes aux provinces ce qui a permis d’en sauvegarder une partie. Ainsi, l’épidémie de choléra de 1866 est particulièrement bien documentée. Ces listes nominatives reprennent les noms et prénoms de la personne, l’âge, la profession et l’état social, la date de début de la maladie et la date de fin ainsi que son issue (guérison ou décès), pour chaque personne atteinte de la maladie. A cela s’ajoute, l’adresse ou le quartier et le cas échéant, des remarques sur la pandémie, ou encore, selon les communes, le nombre de cas au sein du logement. 

Les données concernant les communes des provinces de Namur et de Luxembourg ont été encodées et sont disponibles au Centre de Démographie (Université Catholique de Louvain) (pour les autres provinces wallonnes, les données sont perdues hormis quelques exceptions comme Mons). Les données pour Bruxelles ont été collectées par le Centre Quetelet (Université de Gand). 

Chronology

L’infographie ci-dessous présente une chronologie indiquant quelles périodes sont couvertes par chaque ensemble de données.

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L’Atlas Ineqkill des inégalités de mortalité en Belgique fournit des informations détaillées sur la mortalité et les maladies en Belgique de 1820 à 2025.

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