L’évolution de l’espérance de vie à la naissance en Belgique
Si les progrès de la mortalité sont importants, ils n’ont cependant pas été réguliers.
Une première phase de baisse significative de la mortalité se serait enclenchée vers 1750 grâce à un ensemble de facteurs :
- l’atténuation des crises de mortalité (épidémies, famines),
- la diffusion du premier vaccin contre la variole,
- l’apparition de cultures nouvelles, telles que la pomme de terre,
- l’amélioration des techniques agricoles, des moyens de transport et de stockage,
- les progrès des conditions sanitaires, etc.
Les chiffres relatifs à la mortalité sont rares, mais des indices mettent en évidence une croissance soutenue de la population et une augmentation des conditions de vie, notamment dans les campagnes.
1750
Premier phase d’amélioration
Évolution de l’espérance de vie à la naissance et du taux brut de mortalité en Belgique
Source: Human Mortality Database
L’élan se brise vers 1840. De 1840 à 1870, l’espérance de vie stagne, ne dépassant que de manière ponctuelle 40 ans. L’industrialisation et l’urbanisation croissantes créèrent des conditions inédites de densité de population, de promiscuité et d’insalubrité.
A cela s’ajoute les graves crises agricoles et alimentaires des années 1845-1856 qui entrainèrent une paupérisation importante des populations rurales. Bref un contexte propice à la recrudescence épidémique et à une augmentation de la mortalité.
Le choléra fait de nombreuses incursions meurtrières, la tuberculose pulmonaire, les infections respiratoires, les pneumonies ou encore les grippes causent de nombreux décès, au même titre que le typhus (1845-1849) et le retour de la variole en 1870-1871.
1840 - 1870
Stagnation de l’espérance de vie à 40 ans
1875 - 1934
Deuxième phase d’amélioration de la mortalité
La deuxième phase d’amélioration de la mortalité démarre vers 1875. L’amélioration est cette fois plus rapide et plus régulière. Le cap des 50 ans d’espérance de vie est atteint en 1905 et celui des 60 ans en 1934. Cette évolution marquante s’explique par une série d’évolutions sociétales et médicales telles que l’amélioration :
- de l’hygiène publique et privée
- de l’alimentation,
- des techniques médicales,
- de l’organisation des services de santé,
- le développement de l’instruction obligatoire
- des systèmes de sécurité sociale.
Cette phase est surtout marquée par la baisse de la mortalité infantile et la lutte contre les maladies infectieuses. Les épidémies très meurtrières ont quasiment disparu à l’exception notable de la grippe espagnole de 1918-1919, surnommée « la mère de toutes les épidémies », compte tenu des ravages qu’elle a occasionné.
De 1934 à 1945, l’espérance de vie ne progresse plus ; elle stagne durant les années de crise économique et chute ponctuellement durant les années de guerre.
L’après Seconde Guerre mondiale est tout d’abord marquée par une phase de croissance très rapide de l’espérance de vie, mais de courte durée. Entre 1945 et 1958, l’indice progresse de 12 années, passant de 58 ans à 70 ans. L’essentiel de ces progrès est encore une fois attribué au recul de la mortalité des enfants, grâce aux antibiotiques et au développement de nouveaux vaccins permettant de juguler d’autres maladies de la petite enfance (diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite).
1934 - 1960
Stagnation durant la guerre,croissance dans l’après-guerre vers 70 ans
1960-1970-...
Stagnation suivi par prolongation
Il s’ensuit ensuite une phase de stagnation couvrant les années 1960 durant laquelle l’espérance de vie ne dépasse plus 70-71 ans. Observée dans la plupart des pays occidentaux, elle s’explique par:
- la croissance des maladies cardiovasculaires, des cancers, des accidents de la circulation, etc.
- la relative impuissance des techniques médicales de l’époque pour les contrer.
À partir des années 1970, plusieurs facteurs ont combiné leurs effets pour allonger significativement la durée de vie :
- les progrès médicaux contre les maladies cardiovasculaires et les cancers
- les campagnes de prévention et de lutte contre le tabagisme
- les changements de comportements alimentaires et d’hygiène de vie
Depuis 1970, l’espérance de vie a gagné 12 années, atteignant 82,5 ans en 2024. Cette progression a été assez régulière – de l’ordre de 3 à 5 mois par an – avec une seule rupture notable : l’épidémie de Covid-19, qui a fait perdre plus d’une année d’espérance de vie en 2020.
The Ineqkill Atlas of Mortality Inequalities in Belgium provides detailed information about mortality and diseases in Belgium from 1820 to 2025.
About
- Ineqkill Research Project
- Mission Statement
- Team
- FAQ's
Vrije Universiteit Brussel
Pleinlaan 5 (Room 2.17)
1050 Brussels, Belgium
e-mail: sylvie.gadeyne@vub.be
